vendredi 19 janvier 2018

Nunca digas siempre, Jennifer Armentrout


(Résumé-traduction personnelle)

Elle a appris que le silence était sa meilleure arme. Il a juré de toujours la protéger. Les deux partagent un passé terrible, qui a tissé entre eux un lien indestructible. Du moins, c’est ce qu’ils croyaient. Parce que leurs chemins se sont séparés brutalement il y a quatre ans. Depuis tout ce temps, Mallory y Rider essaient de laisser derrière eux les terribles expériences qu’ils ont vécues dans un foyer d’accueil. Ils essaient d’oublier. Mais maintenant, juste quand ils pensaient avoir laissé leur passé derrière eux, Mallory y Rider se retrouvent dans le lycée où va étudier Mallory et découvrent que l’intense lien qui les unissait pendant l’enfance est encore là, tout comme les blessures. Ils doivent décider s’ils veulent continuer à s’accrocher aux armes qui les ont aidés dans le passé ou se risquer à construire quelque chose de neuf dans un futur incertain. Un récit lumineux sur une jeune femme courageuse qui lutte pour exprimer sa vérité depuis une forteresse de silence.

Il est de ces livres qui déferlent comme un tsunami et qui vous ne laissent pas indemne. De ces livres qui vous laissent avec la gorge nouée à la fin de votre lecture, qui vous font voir le monde avec un autre regard, qui rendent difficile le choix d’un autre ouvrage parce que vous savez qu’il ne sera pas à la hauteur. Nunca digas siempre est de ceux-là.

Mallory et Rider ont en commun un passé difficile. Famille d’accueil, violence, traumatismes, rien ne leur a été épargné, et ils ont dû se construire tant bien que mal pendant leur enfance, s’accrochant à ce qu’ils avaient, c’est-à-dire lui, c’est-à-dire elle. Dans la tourmente de leurs jeunes années, ils ont toujours su qu’ils pouvaient compter l’un sur l’autre, jusqu’à ce que l’horreur les rattrape et les sépare. Définitivement. Du moins c’est ce qu’ils pensaient.

Mallory a le cœur qui bat, aujourd’hui est son premier jour de cours, le premier jour où elle quitte l’école à la maison pour enfin avoir une vie normale. Mais ce qu’elle ignore, c’est qu’elle va tomber sur Rider, son ami d’enfance, celui qui a été son ancre, celui qu’elle n’a pas revu depuis ce jour atroce. Celui qui était le seul à entendre les mots qui franchissaient le pavillon de ses lèvres. Il semble le même qu’avant, mais est-ce vraiment le cas ?

Nunca digas siempre est bien plus qu’une romance traditionnelle. La romance est avant tout un prétexte pour découvrir l’histoire de ces deux jeunes, deux jeunes parmi tant d’autres finalement, deux jeunes à l’histoire compliquée qui tente d’avancer vers leur avenir en tirant le poids de leur passé. Les mots de l’auteure sont justes pour décrire leurs traumatismes, leurs fantômes, leurs envies et espoirs aussi. J’ai adoré cette histoire d’adolescence qui m’a fait frémir, ces essais pour avancer, un pas après l’autre, dans un équilibre précaire, mais avancer quand même. C’est un récit qui m’a portée, un de ceux que j’aurais aimé écrire tant les mots m’ont touchée. Un de ceux que je vais offrir et offrir encore, parce que c’est avant tout l’histoire de l’espoir...

mercredi 10 janvier 2018

Il était une fois, "Les douze coups de minuit", Eloisa James.

Reléguée au rang de simple servante depuis la mort de son père, Kate Daltry vit sous le joug de Marianna, dont la fille, Victoria, est destinée au riche prince Dimsdale. Or, souffrante, Victoria ne peut se rendre au dîner de leurs fiançailles. Il faut à tout prix trouver une demoiselle qui se fera passer pour elle ! Qu’elle le veuille ou non, ce sera Kate…

Avoir des amies qui vous offrent des livres, c’est génial... Vraiment génial. Ça nous permet de découvrir des histoires sur lesquelles on ne se serait pas forcément retourné en temps normal. Ça a été le cas pour ce « Il était une fois ».

Je suis venue à ce livre par hasard, ou plutôt parce que j’avais besoin de faire une bonne action, pour mon karma, vous comprenez. Régulièrement, je vais à la rescousse de livres qui sont noyés dans les profondeurs de ma PAL histoire de gagner des points pour le futur. Et « il était une fois » avait besoin d’être sauvé. Non pas que je l’aie abandonné. Ni même que je l’aie oublié. Non. Ma PAL a un fonctionnement que je ne comprends pas : elle grandit, grandit, grandit sans que j’achète de romans. C’est fou, non ? J’ai une théorie à ce sujet : mes livres se reproduisent. Enfin bref, nous n’allons pas disserter sur la vie sexuelle de ma PAL, gardez juste à l’esprit que j’ai accompli un acte héroïque en risquant ma vie pour ce petit livre en apparence anodin. Promis juré, ça s’est passé comme ça !

Me voilà donc revenue en enfance avec une reprise du conte de Cendrillon. Enfin, pas tout à fait en enfance, c’est une version pour adultes qui nous est proposée. Mais pour adultes ne veut pas dire classé X ! C’est une romance qui respecte l’original, avec ce qu’il faut de sexe et pas de vulgarité. Le Prince est un peu tête à claques au début (c’est bien vu de la part de l’auteure), l’héroïne est tout ce que j’aime : dotée d’une noblesse de caractère, d’un sens de l’humour aigu, et porteuse d’un passé bien détaillé... La plume est vraiment efficace... Un cocktail réussi donc pour passer un très bon moment de lecture.

C’est quand même super d’avoir des amies qui offrent des livres... Il y a toutefois un léger problème : il y a quatre tomes supplémentaires. Et j’ai un côté obsessionnel (ça fait deux problèmes) avec les livres que j’ai aimés. Et il y a Monsieur-Mon-Banquier (ça fait trois problèmes). Mais j’ai eu un bon cadeau pour Noël ! Qui était prévu normalement pour acheter un four (oui, je n’ai pas de four... Je sais, c’est étrange. Ne me demandez pas « comment tu fais pour cuisiner ?», la réponse est simple, je ne cuisine pas ou très peu. Les Dieux-de-la-cuisine ne se sont pas posés sur mon berceau)... Résultat : toujours pas de four et une PAL qui a enflé...


samedi 6 janvier 2018

Un endroit où se cacher, Joyce Carol Oates

Dévastée par la mort de sa mère, disparue dans un accident de voiture dont elle s'estime responsable, Jenna, quinze ans, a tout à reconstruire. Elle essaie de sortir de l'état cotonneux qui est devenu son quotidien. Jusqu'à ce qu'elle rencontre Crow, le garçon solaire qui va tout faire pour l'aider. Encore faut-il que l'adolescente blessée accepte la main tendue.

Joyce Carol Oates est une auteure que j’aime beaucoup, mais dont je ne connaissais que les romans pour adultes. J’ai d’ailleurs été surprise quand je me suis rendu compte qu’elle avait également écrits des romans destinés à un public plus jeune. La curiosité de savoir s’ils étaient très différents de ceux que j’avais lus a été la plus forte, et j’ai bravé les interdits de Monsieur-mon–banquier et des Dieux-de-tous-les-trucs-de-la-mer-et-de-la-terre pour découvrir cette autre facette de son écriture.

Résultat : j’ai beaucoup aimé. Commencer une nouvelle année avec une telle lecture est annonciateur d’une bonne année livresque.

Jenna a 15 ans, et son univers s’est effondré. Quand elle se réveille dans cet hôpital, elle le sait, plus rien ne sera comme avant. Un accident de voiture, et tout son équilibre est bouleversé. Sa mère est morte et son corps à elle est si brisé qu’elle ne le reconnaît plus. Elle ne se reconnaît plus. Lorsque son père, qu’elle ne voit jamais, vient lui rendre visite, le peu de repères qui lui restaient s’envole. Seule. Elle est seule. Les gens qui sont là pour elle, son oncle, sa tante, ne le voient pas. Elle ne veut qu’une chose, se cacher, trouver un endroit où se réfugier.

Mais la vie ce n’est pas ça, et même lorsque tout s’écroule, il faut continuer. Réapprendre à marcher, aller au lycée, faire semblant que tout va bien. Mais Jenna ne peut pas. Elle ne peut plus. Elle n’est plus qu’une coquille vide.

Joyce Carol Oates plonge avec une justesse impressionnante dans la psyché de l’adolescente, dans ses errances, dans ses tendances autodestructrices. Ses mots sont d’une précision acérée pour nous décrire sa descente aux enfers, ce mal-être qui la dévaste. Pas de faux-semblants, pas de bluette pour adolescents, pas de récit trop romancé. Ce personnage détestable qu’est devenu Jenna (elle ne communique pas, fréquente les mauvaises personnes, se moque de tout, trompe tout le monde) est dépeint avec une vérité bouleversante. Et dans ce réalisme, dans cette vérité, Joyce Carol Oates a su distiller une empathie qui a fait que je me suis attachée à cette gamine qui ne cherchait qu’à se réinventer. J’ai même craint la fin, connaissant l’auteure, mais elle est, comme le reste de son récit, très juste.

Qu’il s’agisse de ses romans pour adultes, ou de ses récits destinés à un plus jeune public (adolescents/ jeunes adultes), la plume de cette auteure est portée par une force incroyable. Au cas où vous en douteriez, ce récit n’a fait que conforter une conviction profonde : Joyce Carol Oates est une de mes auteures préférées.


Tous mes vœux livresques pour 2018 !