lundi 22 août 2016

Maudit Karma, David Safier

Animatrice de talk-show, Kim Lange est au sommet de sa gloire quand elle est écrasée par une météorite. Dans l'au-delà, elle apprend qu'elle a accumulé beaucoup trop de mauvais karma au cours de son existence. Non seulement elle a négligé sa fille et trompé son mari, mais elle a rendu la vie impossible à son entourage. Pour sa punition, Kim se réincarne en fourmi. De ses minuscules yeux d'insecte, elle voit une autre femme la remplacer auprès de sa famille. Elle doit au plus vite remonter l'échelle des réincarnations.

On ne le dit jamais assez, il faut soigner son karma... On ne sait jamais ce qui peut nous arriver. Prenez par exemple la probabilité qu'un lavabo d'une station spatiale russe nous tombe sur la tête... Probabilité nulle me ferez-vous remarquer... Eh bien parlez-en à Kim Lange, l'héroïne de Maudit Karma, on verra ce qu'elle en pense ! Elle vous dira qu'elle aurait bien mieux fait de s'occuper de sa fille, de voir son mari autrement que comme un meuble de la maison et de ne pas le tromper avec un présentateur sexy, de ne pas être désagréable avec les gens, parce que la probabilité nulle, elle l'a écrasée. Paf, comme ça. Paf, c'est tout. 

Elle insistera également sur le détail non négligeable des points de karma qu'on peut perdre facilement. Parce que si on en a trop perdu et qu'un lavabo russe nous tombe sur la tête, on est mal, très mal. On pousse un cri de douleur, puis un soupire d'extase, que la lumière est belle ! Et après ? La jolie lumière, elle nous renvoie à la case départ. Et sans toucher le jackpot. Si notre karma est à zero, on recommence. Et dans ces cas-là, on se dit qu'on aurait vraiment dû faire attention à ces satanés points.

David Safier est un auteur que j'aime vraiment beaucoup, ses romans sont légers, plein d'humour et ont toujours une morale facile à saisir. Ils font sourire, rire aussi, parfois pleurer, toutes ces émotions qui font que les pages défilent et que, sans qu'on s'en soit rendu compte, la dernière est déjà là.

Kim est l'archétype de la personne que l'on déteste mais que l'on finit par aimer. C'est quelqu'un d'égoïste, d'égocentrisme, qui va devoir apprendre à vivre pour les autres et non uniquement pour elle si elle veut caresser le doux espoir de revoir sa fille. Les leçons qu'elle va devoir apprendre vont être dures, douloureuses (et certaines vraiment originales !), sa route va croiser des personnages hauts en couleurs (Casanova est... exceptionnel, et Bouddha... vaut son pesant de cacahouètes, et je ne parle pas de son tour de taille) et le final du roman réserve son petit lot de surprises. Un roman bien écrit qui fait beaucoup de bien !

vendredi 19 août 2016

Monsieur l'écrivain, Joachim Zelter

« Selim Hacopian a écrit un livre. » Un écrivain renommé reçoit un beau jour ce curieux mail, envoyé par un drôle de personnage qui s’exprime à la troisième personne et souhaite que l’on « jette un coup d’euille » à ses écrits. L’écrivain refuse poliment, mais quelques jours plus tard, l’inconnu l’interpelle au détour d’une rue et, à coup de « Monsieur l’Ecreuvain », finit par obtenir gain de cause. L’écrivain s’engage alors, sans le savoir, dans une entreprise littéraire de longue haleine, à laquelle il va se consacrer corps et âme.
Entre les étagères poussiéreuses de la bibliothèque, autour d’un café ou dans le minuscule appartement de Selim, il apporte des corrections, prodigue des conseils, souffle des idées de nouvelles au jeune homme (lui qui a vécu en Égypte, pourquoi ne pas écrire sur les chameaux ?) qui, bien vite, est contacté par une prestigieuse maison d’édition.
Le succès d’Hacopian grandit à mesure que celui de l’écrivain, ayant délaissé ses propres romans, décline. Il lui vient alors une idée : pourquoi n’utiliserait-il pas Selim pour publier sa propre prose ?

"Selim Hacopian a écrit un livre".
Voici comment commence le courrier que reçoit le narrateur.
"Selim Hacopian a écrit un livre."
Oui... et ? pense-t-il non sans un certain cynisme.
Il est habitué à ce que des écrivains en herbe lui envoient leur manuscrit pour avoir son avis, après tout, c'est la rançon de la gloire que d'être un écrivain.
Mais voilà, "Selim Hacopian a écrit un livre".
Débordé, le narrateur n'y prête pas attention et ne prend pas la peine de répondre. Mais le destin est facétieux et le monde aussi petit qu'un mouchoir. Il croise le fameux Selim dans la rue. Monsieur l'Ecreuvain...
"Selim Hacopian a écrit un livre".
A partir de cette rencontre, le narrateur perd tout contrôle sur les évènements. Il se retrouve avec un CV dans les mains auquel il va apporter maintes corrections, puis l'ébauche d'un roman, parce que "Selim Hacopian a écrit un livre".

C'est un roman court que nous propose Joachim Zelter, mais il n'y avait pas besoin de plus de pages pour nous livrer ce portrait acide du monde littéraire. Ecrivains, éditeurs, critiques littéraires, personne n'est épargné dans ce monde où les repères ont changé. Qu'est-ce qui compte le plus désormais : le roman ou l'auteur ; le fameux cv que le narrateur corrige et recorrige ou le texte lui-même ? Qu'est-ce qui est le plus important, la qualité du récit, de la langue ou l'expérience de vie de l'auteur ?

La plume est vive et décrit parfaitement cette spirale dans laquelle tombe "Monsieur l'Ecreuvain", ses émotions ambigües, le mépris d'abord, puis le désespoir en passant par la lassitude et l'incompréhension. Le rythme se fait l'écho de cette téléréalité que devient l'univers du livre et de ces critères qui changent. Ces pages nous livrent autant de photographies de cette société qui évolue : sur l'écriture évidemment, la médiatisation, la starisation, mais aussi l'immigration, l'intégration et l'importance de la langue.

Pour certains, le récit paraîtra sans doute un peu extrême, j'en entends même s'exclamer un "Il ne faut pas exagérer quand même!" retentissant. Mais finalement, si on s'attarde un peu sur le processus de fabrication de certains bestsellers, on se rendra compte que ce n'est pas totalement infondé.




vendredi 12 août 2016

Faute avouée...

... à moitié pardonnée?
J'ai déjà évoqué, il me semble, ma légère tendance à acheter en masse des livres. Légère hein, rien de dramatique, je vous assure. Et ça se produit toujours contre ma volonté. Parfois, quand je me promène sur le site d'une librairie d'occasion, mon doigt prend son indépendance, et ça donne ça:


Reçu en juillet.

Et puis si après les amies (suivez mon regard vers Melliane) s'y mettent, on rajoute ça:
Vous conviendrez quand même que je ne suis pas seule responsable de la rentrée massive de livres chez moi, entre mes amies et mon doigt qui prend son indépendance, c'est dur de lutter. J'ai même dû racheter des étagères à cause d'eux, oui, oui, c'est vous dire si je n'y suis pour rien et combien je suis consciencieuse. En plus, ce sont, pour la plupart, des livres sans Domicile Fixe que j'héberge parce que sinon ils finiraient dans la rue, ou pire, sur un bûcher, comme à l'époque de l'Inquisition. Vous vous rendez compte? En fait, je fais une bonne action...
(Comment ça je m'égare encore? Ah, oui...)

Bon, revenons à nos moutons livresques. Ce matin (ou plutôt cette nuit, après avoir fini la lecture de Rock Chick offert par Melliane, lecture fort sympathique d'ailleurs, même si elle a rogné sur mes heures de sommeil et que je ressemble à un panda ce matin à cause de mes cernes. On en reparlera...), j'ai eu une révélation. Plutôt que de les dissimuler honteusement en craignant le courroux des Dieux, je vais reconnaître mes achats compulsifs, parce que si une faute avouée est à moitié pardonnée, ça veut dire qu'en fait, je n'ai acheté que la moitié de mes livres (vous comprenez ma logique? Evident n'est-ce pas?)

Voilà, c'est fait. J'ai reconnu. 

Donc Dieux-de-tous-les-trucs-de-la-mer-et-de-la-terre, je suis sur le chemin de la rédemption, oui, oui, promis! Alors soyez indulgents avec moi!

vendredi 5 août 2016

Le livre de Perle, Timothée de Fombelle

Il vient d'un monde lointain auquel le nôtre ne croit plus. Son grand amour l'attend là-bas, il en est sûr. Pris au piège de notre histoire, Joshua Perle aura-t-il assez de toute une vie pour trouver le chemin du retour ?

Je viens de refermer ce petit bijou, et une fois n'est pas coutume, je vais me faire l'écho d'une autre chronique, celle de Lup'appassionata.

Moi aussi je veux croire qu'un tel monde existe.
Moi aussi je veux croire qu'il y a des fées et des objets magiques.
Moi aussi je veux croire qu'on peut se transformer en belette, en lionne, en hirondelle, en poussière de souffre.
Moi aussi je veux croire que l'amour défie le temps, les mondes...
Moi aussi je veux croire qu'il y a encore des gens pour croire, des gens prêts à tout pour que le rêve existe.
Moi aussi je veux croire que l'écriture est témoignage, que l'écriture fait vivre, que l'écriture donne vie.
Moi aussi je veux croire qu'il y a d'autres livres comme cette petite perle qui me feront autant vibrer, autant trembler...
Moi aussi je veux partir dans la quête de ces livres...

Et moi aussi, Lupa, je veux croire en cette citation que tu as si bien reprise:

Chaque fois que quelqu’un dit : « Je ne crois pas aux contes de fées », il y a une petite fée quelque part qui tombe raide morte. - 
J. M.Barrie, Peter Pan

... parce qu'un monde sans rêves, sans magie, est un monde terne, et que je ne suis pas sûre d'avoir envie d'y vivre.

Merci Lupa pour cette lecture hors du temps et de l'espace, sans ta chronique je n'aurais pas rêvé.

mardi 26 juillet 2016

Prières pour celles qui furent volées, Jennifer Clement

Ladydi, quatorze ans, est née dans un monde où il ne fait pas bon être une fille. Dans les montagnes du Guerrero au Mexique, les femmes doivent apprendre à se débrouiller seules, car les hommes ont les uns après les autres quitté cette région pour une vie meilleure. Les barons de la drogue y règnent sans partage. Les mères déguisent leurs filles en garçons ou les enlaidissent pour leur éviter de tomber dans les griffes des cartels qui les "volent". Et lorsque les 4X4 patrouillent dans les villages, Ladydi et ses amies se cachent dans des trous creusés dans les arrière-cours, pareilles à des animaux qui détalent pour se mettre en sécurité. Alors que la mère de Ladydi attend en vain le retour de son mari, la jeune fille et ses amies rêvent à un avenir plein de promesses, qui ne serait pas uniquement affaire de survie. 

Quand on lit la presse ou qu'on écoute les médias, on se rend compte finalement que peu d'informations sur le Mexique parviennent jusqu'à nous. C'est un pays lointain, proche voisin du géant américain, avec de belles plages, des miss qui passent sous le bistouri de la chirurgie esthétique, c'est une terre d'émigration dont on ignore les raisons, la pauvreté sans doute, ah, et il y a les narcos aussi. Un portrait aux contours flous pour ce pays immense, un portrait à peine esquissé à cause de ses multiples visages. Trouver des constantes est une tâche ardue, mais s'il y en a une qu'on ne peut nier, c'est la violence, souvent en lien d'ailleurs avec ces fameux narcos qui contrôlent le quotidien.

Jennifer Clement fait le pari ambitieux de nous immerger dans l'état de Guerrero, celui-là même qui abrite Acapulco et ses plages paradisiaques, ce même Acapulco qui est une sorte d'état dans l'état, un monde à part que la plupart des habitants de Guerrero ne verront jamais.

C'est un portrait sans concessions qu'elle nous livre, sans fioritures, âpre, dur, froid comme la terre qui couvre le sol des maisons. Parce que dans l'état de Guerrero, il y a deux délits de naissance: celui d'être une femme et celui d'être belle. L'on prie pour avoir un garçon, même si l'on sait éperdument qu'il finira probablement par grossir les rangs des narcos, mais au moins il aura une chance, une toute petite chance. Alors qu'une fille... 

Une fille, c'est la rumeur qui court dans le vent pour arriver aux oreilles des tout-puissants, une fille c'est la peur de la voir enlevée, c'est la peur de la voir revenir sous la forme d'une ombre. Une fille c'est le trou qu'on creuse dans le sol pour la protéger quand les montagnes apportent le bruit des 4x4, une fille ce sont ces cheveux courts, cette peau que l'on tapisse de poussière, ces dents que l'on noircit. Il faut faire taire sa beauté, il faut la dissimuler, non, non, je n'ai pas eu de fille, un petit garçon, Monsieur, tout le monde le sait. Je vous promets, Monsieur, c'est un petit garçon...

Mais les voix portent par-delà les montages, elle surfent sur ce fichu vent, et ils savent. Ils viennent et repartent, emmenant avec eux le plus précieux des butins, votre fille.

Ladydi, María, Estafani et Paula font vivre ce récit. A travers la voix de Ladydi, apparaissent les peurs, les angoisses, la terreur, la tristesse, mais aussi l'amitié, la famille, les premiers émois, l'amour.
Il m'a fallu quelques chapitres pour m'immerger dans leur histoire. Si Ladydi est la voix qui narre, ses amies, sa mère sont très présentes et il y a beaucoup à assimiler dans les premières pages. Et puis la jungle a opéré et m'a fait prisonnière du drame que vit l'état de Guerrero. La langue qui m'avait semblé manquer de caractère dans ces premières pages a éclos, de façon telle d'ailleurs que j'en viens à me demander comment j'ai pu la trouver fade.

J'ai adoré ce portrait au vitriol d'une réalité souvent ignorée, derrière la fiction se cache le drame quotidien, la survie. Un roman à lire...


mercredi 20 juillet 2016

Le tendre baiser du tyrannosaure, Agnès Abécassis

Rassurez-vous, il n’y a pas de vrai tyrannosaure dans cette histoire.
Mais il y a Félix, un paléontologue peureux à qui sa grand-mère ordonne de quitter la femme avec laquelle il vit pour affronter ses pires angoisses. S’il y parvient, il aura droit à une immense surprise…
Et puis il y a Olive, sur le point de se marier, qui annonce à sa famille que son couple ne désire pas avoir d’enfant. Scandale, indignation et machinations de la mère et de la belle-mère !
On évoque Tom, aussi ? Un flic désabusé et terriblement romantique, trop sans doute pour la fille capricieuse qu’il va rencontrer.
Et n’oublions pas Ava, vendeuse d’escarpins de luxe, qui reçoit un jour d’une cliente millionnaire  un bijou hors de prix, et qui quitte illico cet emploi qu’elle déteste tant. Jusqu’à ce que son bijou disparaisse…
Des personnages qui forment une bande irrésistible et nous emportent dans un tourbillon de sentiments. Une comédie réjouissante, à dévorer d’urgence !

Je suis déçue, le titre nous promettait un tyrannosaure qui envoie des baisers et rien de tout cela dans ce petit roman. Enfin remarquez, s'il y avait eu un tyrannosaure envoyant des baisers, je me serais quelque peu inquiétée. Je veux bien que la fièvre Pokemon Go se soit abattue sur nous, mais quand même... Et je ne suis pas du style à lire des romans avec des dinosaures, pas vraiment mon genre. Des vampires, des loups-garou, à la rigueur, mais pas des dinosaures. Surtout que si on n'y réfléchit bien, je ne vois pas comment des vampires et des loups-garou pourraient rivaliser avec un tyrannosaure. Ou alors il leur faudrait des pouvoirs encore plus impressionnants que ceux qu'ils ont déjà, tels que... une épée qui tuerait uniquement des tyrannosaures... Une épée de Highlander même! Mais il y aurait un léger problème, car  qui dit épée de Highlander dit highlander, et logiquement, le highlander chevaucherait le tyrannosaure, alors il ne voudrait certainement pas l'occire. Sauf si la charmante bestiole est hors de contrôle parce qu'une vilaine sorcière lui a jeté un sort, et le highlander à la crinière flamboyante et au torse phénoménal (je suis sûre que vous savez à qui je pense!) sauverait dans ce cas le monde... Bon, par contre, si on veut de la véracité historique, il faudrait justifier la présence dudit animal. Et aussi sa fonction de monture. Sans parler des vampires et des loups-garous qui seraient les ennemis jurés du tyrannosaure. Melliane, je t'entends déjà me dire: "Des détails ça, des détails"...

Oups, je crois que je divague un peu (et non je n'ai pas pris trop le soleil, je vous vois venir!). Pardon, reprenons donc le fil de cette chronique.

Le tendre baiser du tyrannosaure est un livre qui fait du bien, de ces romans que l'on lit le coeur léger (sans doute parce qu'on sait qu'un tyrannosaure ne va pas jaillir de derrière une étagère d'ailleurs) et dans lesquels on se laisse facilement embarquer. La galerie des personnages est riche, il n'y a pas UN personnage principal mais plusieurs personnages principaux (Félix, Olive, Tom, Ava...), et si cela peut être déstabilisant dans un premier temps, cela prend finalement tout son sens.

Les différents chapitre s'attardent sur chacun d'entre eux, et si le lien n'est pas évident ensuite, il apparait clairement à la fin. Ces chapitres m'ont d'ailleurs fait penser à autant de scènes de théâtre, d'instants de vie ou l'humour croise le grave, ou l'amour flirte avec l'amitié, ou les bons mots et les émotions se mélangent à des situations qui n'auraient pas été forcément amusantes en temps normal.

J'ai eu un vrai coup de coeur pour Felix et sa grand-mère Lucrèce et j'ai regretté de ne pas les voir plus souvent, mais Tom est attachant et Ava et ses amies sont succulentes, Olive et son mari sont touchants même si je ne les envie pas d'avoir une telle famille.

Le tendre baiser du tyrannosaure est un roman idéal pour les périodes sombres, pour les périodes où on a besoin d'un livre auquel faire confiance, un livre qui nous prenne le coeur pour nous le rendre plus léger. C'était mon premier roman d'Agnès Abécassis et ça ne sera pas le dernier.


PS pour Melliane: tu vois, nos conversations m'inspirent!

lundi 18 juillet 2016

Sauvage, saga Thoughtless, S.C. Stephens

Griffin Hancock est le bassiste un peu bad boy des D-Bags, le groupe le plus chaud du moment.
Il a tout ce dont il rêve : une grande maison, une belle voiture, une magnifique famille. Malgré tout, cet homme sauvage et à l'ego surdimensionné en a assez d'être dans l'ombre de Kellan Kyle. Il estime être le meilleur et tout le monde devrait le savoir.
C'est pourquoi lorsqu'une opportunité se présentera, Griffin n'hésitera pas à la saisir. Le groupe n'est pas d'accord avec lui et il prend alors une décision radicale : il quitte Seattle avec sa famille pour retourner à L.A. pour y faire carrière seul.
Mais le succès n'est pas aussi facile qu'il l'aurait pensé, et qu'il pourrait avoir mis son couple en danger. Griffin expérimentera alors l'adage : "On ne connait pas la valeur de ce que l'on possède avant de tout perdre ".

Faire un tome sur Griffin était un pari assez ambitieux. Dans la saga Thoughless, Griffin est aussi attachant qu’exaspérant, et je craignais que ce cocktail qui fonctionne très bien pour un personnage secondaire ne me lasse quand ce dernier serait mis au centre du récit. J'ai assez répété combien j'aime cette saga (mon soupiromètre s'active rien qu'en pensant à Kellan), découvrir Griffin était donc une pierre nécessaire à l'édifice (chroniques dudit édifice ici, ici, ici ou encore ici), même si je dois avouer que j'avais un peu peur que ce tome ne rende l'édifice branlant.

La dernière page tournée, je suis agréablement surprise : c'était une lecture décidément très savoureuse et même si je n'ai pas vibré autant que pour le tome qui concerne Kellan (oui, d'accord, je radote, je sais, mais quand même, je me demande qui va pouvoir détrôner Kellan !), j'ai vraiment apprécié de découvrir l'histoire d'un Griffin fidèle à lui-même mais qui est capable d'évoluer pour le bien de sa famille.

Il faut bien le dire, dès les premiers pages, Griffin est... Griffin. Egocentrique, narcissique, égoïste, tête à claques, mais aussi profondément amoureux d'Anna et de la famille qu'il a créée avec elle. L'on sent dès les premières lignes qu'il n'y a qu'avec eux que son armure de crétin mégalo tombe, laissant entrevoir ce qu'il peut devenir.

Bien sûr, ce tome suit les schémas classiques de l’ascension, la chute, la rédemption. Il pouvait difficilement en être autrement avec les bases posées par l'auteur dans les volumes précédents. Schéma classique, mais efficace et assez bien réussi. Griffin ne deviendra jamais un Kellan, il garde son identité tout au long des pages et c'est finalement beaucoup mieux comme ça.

Autre point positif, on retrouve les membres du groupe et on les voit évoluer, trébucher et le mot "famille" prend tout son sens dans cette histoire. C'est une vision assez idéaliste des relations humaines, -Griffin n'est rien sans les D-Bags, et les D-Bags ne sont rien non plus sans lui, mais j'aime bien les visions idéalistes et j'aime bien les belles histoires, alors cela me convient complètement, surtout en ces temps sombres que nous vivons.

Par contre il y a un gros point noir pour moi, un énorme point noir d'ailleurs, aussi grand que l'Everest. Il n'y a pas assez de Kellan (et de Kiera) dans ce tome... Comme ça ce n'est pas un tome sur eux? Ah oui, c'est vrai... Pardonnez-moi, je divague un peu, la faute à mon soupiromètre... Bon, finalement, ce n'est pas un point noir étant donné qu'ils sont présents eux aussi, c'est juste un regret de la fan pas vraiment objective que je suis.

Ce tome me confirme finalement une chose, S.C. Stephens est une auteure que j'aime beaucoup et je me jetterai sur ses prochains romans sans hésiter...