vendredi 30 décembre 2016

Toujours Maudit, David Safier

Daisy et Marc ont accumulé beaucoup trop de mauvais karma... Ils sont donc réincarnés en fourmis ! Mais, s'ils veulent empêcher à tout prix le mariage qui se profile entre le meilleur ami de Daisy et l'ex-femme de Marc, ils vont devoir gravir le plus vite possible les échelons de la réincarnation afin de retrouver leur forme humaine... Pas une mince affaire quand on a d'aussi mauvais caractères !

Vous savez ce que l'on dit, c'est dans les vieilles marmites qu'on fait les meilleures soupes... Ou alors est-ce « C'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures confitures » ? Ou « C'est dans les vieilles casseroles qu'on fait les meilleurs ragouts »? Il est vrai que la confiture peut être meilleure que la soupe -c'est sucré, j'ai un vilain penchant pour le sucré-, mais vu le temps hivernal aujourd'hui, une bonne soupe me conviendrait tout à fait...

Oups, je crois que je m'égare.

Reprenons donc : c'est dans les vieilles marmites, ou dans les vieux pots... Enfin bref, c'est en utilisant quelque chose qui a fait ses preuves qu'on obtient les meilleurs résultats. Et moi, je fais partie de ces lectrices qui, parfois, n'ont pas envie d'être surprises mais préfèrent s'engager sur un terrain fiable et confortable (ce qui ne veut pas dire ennuyeux) pour passer avec certitude un bon moment.

C'est exactement pour cela que je me suis plongée dans Toujours maudit ! de David Safier.
J'avais adoré Maudit Karma et son ton complètement déjanté et j'espérais bien renouveler l'expérience avec Toujours Maudit.

On reprend les ingrédients qui ont fait la réussite du tome 1 : des personnages aussi exaspérants qu'attachants parce que qu'ils sont profondément humains (même si leur humanité a quelques ratés), une plume très juste qui dégouline d'humour, des situations abracadabrantes, des dialogues diablement efficaces et jubilatoires, une fin qui ne déçoit pas et qui accompagne une douce morale sur la vie en général. Et puis évidemment, cette histoire de Karma, parce que c'est important le karma, on ne s'en rend pas compte... Trop de mauvais karma peut conduire à des situations déplaisantes telles qu'une réincarnation en fourmi. Je vous vois glousser en vous disant qu'il y a pire (c'est vrai que si on pense à certaines bactéries ou même à des acariens vus au microscope, il y a pire), mais essayez de marcher avec six pattes pour voir... Et si vous avez encore un doute, demandez-donc à Daisy, notre héroïne, ce qu'elle en pense... Pas si facile, hein ?

Ouille, je m'égare encore.


Toujours est-il que cette histoire de karma, ça peut faire un sacré bon bouquin. D'accord, ce n'est pas très original, certains diront même que c'est un peu un copier-coller (avec des variantes tout de même) de Maudit Karma, mais vous savez quoi, moi je m'en moque. Parce que, c'est comme le chocolat, quand c'est bon, j'en redemande, et quand il n'y en a plus, je pleure. Alors, je me suis délectée de cette petite lecture qui m'a fait terminer l'année 2016 en beauté, et c'est l'essentiel.


samedi 24 décembre 2016

Saga Snow Crystal, Sarah Morgan


La danse hésitante des flocons de neige,

Noël. Kayla Green redoute cette date et, comme chaque année, elle prévoit de s’enfermer dans son bureau de Manhattan avec une surdose de travail. Mais un gros budget de relations publiques l’envoie en fait dans le Vermont : celui de Snow Crystal, apporté par Jackson O’Neil, qui dirige un groupe de stations de sports d’hiver de luxe. Pour Kayla, ce petit miracle de Noël ne va pas sans inconvénients : primo, la neige, le ski, les snow-boots, tituber sur la glace en talons hauts…, ce n’est vraiment pas son idéal ; secundo, Jackson O’Neil a une famille, une de ces familles aussi unies que les mailles d’un tricot bien serré qui rappellent douloureusement à Kayla qu’elle a toujours dû se débrouiller seule. Mais il y a pire encore pour elle que Noël, la famille et autres calamités : c’est Jackson. Jackson, qui a tous les atouts en main pour faire fondre le cœur de glace qu’elle s’est si difficilement façonné…

L'exquise clarté d'un rayon de lune

Ca-tas-tro-phi-que. Voilà qui caractérise parfaitement bien l’été qui s’annonce pour Elise Philippe, chef de cuisine surdouée. L’ouverture à Snow Crystal du café qu’elle doit diriger – son bébé, le projet de sa vie – ne cesse d’être repoussée à cause d’une succession d’incidents rocambolesques. Comme si le destin complotait pour lui pourrir la vie ! Heureusement, telle la meringue sur la tarte au citron, voilà que Sean O’Neil rentre au domaine. Le beau, le charismatique et troublant Sean… dans les bras duquel elle a passé la plus belle des nuits, l’été dernier. Oui, là, tout de suite, Sean pourrait être une distraction bienvenue et très, très sympathique. Une distraction de quelques heures, sans attaches ni lendemain. Après tout, ce n’est pas comme si elle risquait de tomber amoureuse, non ?

La douce caresse d'un vent d'hiver,

Brenna devrait se réjouir : la station de ski affiche complet, et la voilà obligée de libérer son chalet et d’emménager chez son meilleur ami, l’ex-champion olympique de ski, Tyler O’Neil, dont elle est amoureuse depuis… depuis toujours, en fait. Mais cette situation est loin d’être idéale. C’est même une véritable torture : comment pourrait-elle rester de marbre tandis que cet homme sur lequel elle fantasme depuis des années dort dans la chambre juste à côté de la sienne ? Car, elle le sait très bien, elle n’a rien à espérer : Tyler ne la considère que comme une amie, voire, pire, comme une sœur…

Tous les ans, une once de nostalgie m'étreint lors de fêtes de fin d'année. Rien d'étrange, mais ce qui l'est davantage, ce sont les manifestations de ce vide laissé par l'absence des êtres aimés. Cette année, il s'incarne dans le manque de la montagne. 

Le cerveau est décidément une machine bien mystérieuse, penser à mes parents fait flotter une tristesse coutumière avec laquelle je cohabite sans trop de problèmes depuis cinq longues années, mais ces derniers jours, évoquer la montagne, me bloque littéralement la respiration et pourrait me faire verser des larmes auxquelles je ne suis pas habituée.

J'ai eu la chance d'avoir des parents qui ont pu nous offrir tous les ans, des vacances dans les Alpes. Quand on est enfant, on ne prend jamais la pleine mesure de ce que cela représente. J'aimais chausser les skis, dévaler les pistes, les noires ne me faisaient pas peur, téléski et télésiège étaient une formalité, le chemin escarpé qu'il fallait suivre pour arriver à cette chapelle agrippée au flanc de la montagne m'attirait comme un aimant, la fonte des neige et les premier brins d'herbes annonciateurs du printemps me fascinaient.

Je me sentais dans mon élément, comme si je pouvais enfin goûter à un sentiment de liberté que je ne ressentais jamais autrement, même si la présence de mes parents l'entravait.

A cette époque-là, je n'avais pas compris que j'appartenais à cette catégorie de personnes qui vivent la montagne. Que j'appartiens, au présent. Certains ressentent la mer, ont un lien particulier avec l'eau, pour moi, c'est la montagne. J'en suis amoureuse. Je n'aurais qu'une envie : emmener Doux Chéri et toute ma famille animale dans un chalet perdu dans les alpages. Ma vie ne me permet pas malheureusement d'y retourner, ne serait-ce que pour quelques jours, et parfois, comme en ce moment, le manque exacerbé par l'absence hurle dans mes entrailles. 

Nostalgie, tristesse... Elles me vrillent le cœur.

Mais il existe un pansement efficace pour moi, l'un des meilleurs, le seul finalement pour lequel je suis sûre de son efficacité, celui qui recouvre mes plaies et les referme doucement : la littérature.

Dans ces cas-là, il faut être lucide sur son état et analyser ce qui nous fendille l'âme pour trouver le pansement idéal. Pour moi, c'était très simple, pas besoin de payer une consultation chez un psy. Le remède était donc tout aussi simple : montagne saupoudrée de romance. Pas de drames, non, surtout pas, mais une romance qui me bercerait et réanimerait mon petit cœur endolori par les épreuves de la vie.

Et je ne me suis pas trompée.

Tous les éléments sont réunis dans cette saga familiale que j'ai savourée comme un bon chocolat chaud, blottie sous ma couette ou sous un plaid épais, lovée sur le canapé et entourée de mon équipe féline : des personnages principaux attachants malmenés par la vie, une famille bigarrée aux fortes personnalités, de l'humour, de la tendresse, plein d'amour, du sexy pas vulgaire et des montagnes que l'on sent vibrer dans chaque mot, de la neige que l'on entend crisser sous nos pas.

J'ai adoré chacun des trois tomes, difficile d'ailleurs de dire quelle histoire j'ai préféré : Kayla et Jackson ? Elise et Sean ? Ou Brenna et Tyler ?

L'auteure a parfaitement su travailler ses personnages, personne n'est parfait, personne n'est lisse, tous ont au fond de leur cœur des fissures qu'ils essaient de combler, des obstacles qu'ils ont renoncé à franchir, et tous partagent ce même amour des montagnes.

On les retrouve au fil des tomes, chacun est partie intégrante de l'histoire des autres et est porteur d'un message d'espoir. L'amour se décline évidemment sous plusieurs formes, mais ce n'est pas la seule émotion qui palpite dans ces pages : l'amitié, les peurs, les interrogations sur qui on est, sur la famille, face à certaines situations de la vie, tout cela est parfaitement retranscrit.

Cerise sur le gâteau ou chantilly sur le chocolat (chaud bien sûr le chocolat !) : la plume de l'auteure. L'écriture n'entrait pas dans mes critères de choix du pansement idéal : il me fallait une belle histoire, des montagnes, mais je m'étais promise de ne pas être trop exigeante sur l'écriture. On ne peut pas tout avoir et parfois il faut être raisonnable. Quelle ne fut pas ma surprise de savourer une plume elle aussi très travaillée et qui évite les écueils de la mièvrerie ou de la facilité !

Maintenant, une autre forme de vague à l'âme a pris place dans mon petit cœur : celle d'avoir terminé cette saga. En refermant le dernier tome, j'ai refermé l'histoire de la famille O'Neil, tellement parfaite parce qu'elle est imparfaite, et j'ai dû laisser une nouvelle fois les sommets loin de moi. J'aurais bien aimé pouvoir prolonger le moment encore avec un quatrième tome...


Joyeuses fêtes de Noël à tous ! Profitez bien de tous ces doux moments avec vos proches et n'abusez pas du chocolat !

Je pense fort à vous,
Le livre-vie

dimanche 18 décembre 2016

Mon dernier continent, Midge Raymond

Ushuaia, la fin du monde, le début de tout.
Deb et Keller se retrouvent chaque année au coeur des eaux froides de l’Antarctique pour étudier les manchots empereurs et les Adélie. Dans ce bout du monde entouré de glaciers et d’icebergs, ils oublient pour un temps les chagrins de leurs vies. Mais l’Antarctique, comme leur amour, est fragile et menacé.
Une nouvelle saison commence. Au moment de lever l’ancre, Keller n’est pas à bord du Cormoran, le bateau qui doit les conduire à la station de recherche. Peu après, le Cormoran reçoit un signal de détresse d’un paquebot de croisière prisonnier des glaces…

Il y a des étendues sur notre belle planète que j'aimerais visiter avant qu'il ne soit trop tard. La Patagonie en est une, l'Everest aussi, mais sans l'option « touristes » si possible (et dans mes rêves aussi, j'ai le vertige ! ), l'Articque et l'Antarctique également.

L'un des gros avantages de la lecture est qu'elle rend possible ce que la vie nous refuse, et j'ai donc embarqué auprès de Keller et de Deb vers le sud Austral.

Le vent cinglant a soufflé, la glace a crissé sous mes pieds, les icebergs se sont décrochés, j'ai vécu une expérience hors normes avec un pingouin, j'ai découvert les couples de glace qui vibrent au son de la passion qui les unit, cette même passion dévorante qui les pousse à revenir, année après année, vers cette terre hostile.

Et j'ai tremblé.

Dès les premières pages, la catastrophe est annoncée.

J'ai tremblé parce que je ne voulais pas que cela se produise, que la bêtise des gens, de L'autralis, ce navire touristique pas du tout conçu pour affronter la glace, conduise à ce désastre.

Je savais et pourtant rien n'y a fait. Certains chapitres ont remonté le temps, d'autres m'ont ramenée au présent et je n'ai pas pu empêcher mon cœur de s'accélérer, ma gorge de se nouer.

Oui, je savais. Et parce que j'ai profondément aimé Deb et Keller, parce que j'ai vécu cette étendue de glace, j'ai compris cette âme d'une terre qui vous attire comme un aimant, qui accepte de danser avec vous et qui vous offre ce qu'elle a à vous offrir, quitte à faire payer son tribut ensuite.

C'est un récit extrêmement intelligent que nous livre Midge Raymond. Au-delà de la très belle histoire qui se tisse entre les protagonistes, d'une plume agréable, l'on découvre l'envers de la médaille, non seulement le réchauffement climatique qui fait fondre la glace, mais aussi le tourisme à outrance, celui avide d'aventures à l'abri d'un bateau de croisière où le luxe déborde tellement qu'il pourrait provoquer à lui seul le naufrage. Les incohérences de notre société de consommation sont mentionnées subtilement, par petites touches. Pas besoin d'un discours moralisateur pesant pour nous en faire prendre conscience. La documentation solide sur laquelle s'appuie l'auteure et le compte à rebours des pages suffisent.

Comme l'Australis, nous courons à notre perte mais sommes incapables de faire machine arrière.

Le plaisir éprouvé pendant cette lecture a été tel que je n'ai pas pu la chroniquer immédiatement. J'ai eu besoin de garder encore un peu pour moi les émotions sourdes qui tourbillonnaient dans ma poitrine. La joie, l'amour, la tristesse mais aussi la colère, cette même colère qui m'étreint au quotidien devant certaines situations... Le silence m'était nécessaire pour savourer un peu plus les mots, le message.

Nous sommes devenus notre propre bourreau et semons notre lot de victimes sur notre passage... Et notre cécité nous empêche de nous en rendre compte.


PS : Encore un livre qui parle des pingouins (j'ai d'ailleurs appris beaucoup de choses avec Deb, ils sont fascinants), je me demande si je ne devrais pas y voir un message subliminal. Finalement, les pingouins sont les animaux les plus représentés sur ce blog : ici et .


mardi 29 novembre 2016

Off Campus, Saison 1 The Deal, Saison 2 The Mistake, Elle Kennedy


The Deal

Hannah est une très bonne élève et elle a un don incroyable pour le chant. Mais quand il s'agit d'hommes et de séduction, elle perd tous ses moyens.
Garrett est la star de l'équipe de hockey de l'université, mais ses résultats scolaires ne sont pas à la hauteur et il risque de perdre sa place dans l'équipe.
Ils vont passer un drôle d'accord. Elle lui donne des cours et il l'aide à séduire le quaterback de l'équipe de football.
Cet arrangement original va-t-il changer leur vie ?

The Mistake

John Logan est une star de l'équipe de Hockey ce qui lui permet d'avoir toutes les filles qu'il veut. Mais derrière ses sourires de tueurs et son charme ravageur, se cache un être blessé et inquiet de son avenir qui ne s'annonce pas tout rose.
Quand il rencontre Grace, étudiante en première année, et il se dit qu'elle sera la fille idéale pour lui changer les idées. Mais Grace fini par le repousser à cause de son comportement et John va devoir se mettre en quatre s'il veut la récupérer.
Grace n'est plus la jeune fille timide et innocente du début de l'année, et elle compte bien lui faire payer son erreur. John va devoir élever son niveau de jeu.

En ce moment, la grisaille s'installe au-dessus de nos têtes, le froid semble (enfin) décidé à s'installer, les jours raccourcissent... Et notre moral se met en berne. Alors je me suis dit qu'il fallait s'en occuper un peu, parce qu'un moral en berne, cela peut faire du dégât, notamment chez moi... Je ne suis pas du genre à m'apitoyer sur mon sort, à larmoyer ou à me plaindre à tout va. Non, j'ai un truc contre le moral en berne, une arme secrète : j'achète. Pas des vêtements, ni des chaussures...

Bien sûr que non. Je suis raisonnable.

Oui, oui, je vous assure. Je suis l'incarnation vivante du raisonnable.

J'achète...

Des livres. Des tas de livres. Des montagnes de livres... Je vais vous épargner la photo du dernier carton reçu parce que euh... j'en connais une (suivez mon regard ici!) qui me dénoncerait à vous-savez-qui...

J'ai donc réfléchi (oui, oui, cela m'arrive...) à comment faire pour éviter une nouvelle crise d'achats compulsifs (parce que je n'arrête pas de dire à Doux Chéri que ce sont des livres d'occasion, que pas chers et patati et patata mais je vois bien ses sourcils qui se haussent en signe d'interrogation et qui, maintenant, me semblent de plus en plus sarcastiques, et j'ai failli frôler la crise cardiaque hier quand il a vérifié nos comptes... Heureusement, j'ai eu une super excuse : les cadeaux de Noël ! Ben oui, ça explique tout !)...

Bon, je m'égare. J'ai parfois tendance à faire des digressions, de longues digressions, mais vous avez sans doute déjà remarqué. Revenons donc à cette histoire de moral en berne et au comment éviter de fréquenter des sites malfamés qui proposent des livres à bas prix et qui vous permettent de cliquer tellement facilement sur le petit panier que votre PAL augmente d'un mètre de haut à chaque fois.
Donc pendant mes réflexions, je me suis rendu compte que cela faisait longtemps que nous n'avions pas eu de visions indécentes sur ce blog. Cela manquait... Et que de telles visions pourraient flatter notre petit moral.

Rectifions donc cela.

Minute d'observation des couvertures. On respire profondément. GO !

Tic tac
Tic tac
Tic tac
Tic tac
Tic tac

Dring, la minute est écoulée. Moral remonté ? Il faut bien le reconnaître, ces couvertures sont... euh... Disons que ce sont des mâles très appétissants mais que, honte à moi, je n'oserais pas sortir un de ses ouvrages sur mon lieu de travail sans papier kraft pour les couvrir. C'est dommage d'ailleurs, je suis convaincue que certaines de mes collègues seraient plus guillerettes avec une petite dose de torses masculins de ce genre et que la sécu ferait quelques économies... Mais c'est un autre sujet.

Autre aveu, j'aime bien les histoires qui se passent dans les universités américaines. C'est un de mes petits péchés mignons, et s'il y a des sportifs dedans, c'est moi qui suis guillerette. Parce qu'une petite dose, ça ne fait de mal (et pas le mâle, oui, d'accord, mon humour est proportionnel à ma fatigue, je n'y peux rien, je travaille trop et ça atteint mes neurones)...

Encore une digression... Pas ma faute, c'est mon moral...

Bon, il est temps d'écrire quelques lignes sur cette série Off Campus. Quand même ! Mon blog est là pour ça.

Pour résumer, l'ensemble est terriblement cliché : des personnages assez stéréotypés (des sportifs beaux comme des Dieux, et des filles superbes, des personnages qui se cherchent, qui ont besoin des autres, des amis évidemment idéaux, toujours), des mésaventures assez convenues tout comme leurs réflexions, des commentaires qui parfois m'ont fait lever les yeux au ciel (le speach de Garrett sur les femmes et qui conclut par « Oui madame », this is not possible.), un présent de narration qui cache une écriture simple...

Mais contre toute attente, j'ai aimé.

Oui Mesdames, j'ai aimé (oh my god, Garret a même déteint sur moi!).

L'humour est présent et idéal en période de fatigue, c'est plein de bons sentiments, on sait que l'amour va triompher (pas d'interrogations sur la fin dans ce type de récit, mais ça a un côté rassurant), les filles s'assument et n'ont pas leur langue dans la poche, les garçons sont... euh, joker... censure... bref, ce sont de bons héros de roman.

Et moi, j'ai passé un chouette moment de lecture.

(J'ai même été obligée d'acheter le volume 3... Moral en berne je vous dis... )

D'accord, je suis faible. Mais je n'y peux rien, c'est l'hiver qui arrive, ça m'embrouille le cerveau.

Que celui ou celle qui n'a pas de petits plaisirs interdit quand il/ elle a le moral en berne me jette la première pierre !

Pour la chronique de L'ancre littéraire d'une Blondinette, tome 1, c'est ici !

lundi 21 novembre 2016

Le pacte du silence, Martine Delomme

Lors d'une fête, Elisabeth voit révélé au grand jour le secret qu'elle préservait soigneusement depuis 24 ans : son mari n'a pas disparu, il a été emprisonné après avoir provoqué un terrible accident de la route. Sous le choc, leur fils Louis demande à le rencontrer. En partant à sa recherche, Elisabeth découvre qu'elle n'est pas la seule à avoir menti : le jour du drame, son mari n'était pas seul dans la voiture... Mensonges, trahisons... la vie d'Elisabeth est sur le point de basculer.

Si l'on creuse un peu, toutes les familles renferment un sombre secret. Une passion interdite, une rébellion inavouée, une filiation honteuse, des envies indécentes... Ces secrets sont plus ou moins lourds de conséquences, ils peuvent permettre de comprendre certains membres ou complètement diviser, ils peuvent détruire ou rassembler.

Mais le pire est quand la révélation arrive, imprévue, coupante, sans nous laisser le choix. Ses répercussions peuvent être dramatiques.

C'est l'expérience qu'en fait Elisabeth, brillante femme d'affaires qui gère l'entreprise familiale d'une main de maître. Elisabeth Astier, des porcelaines Astier connait le monde des apparences, elle sait combien il faut les préserver, combien le privé ne doit pas se mêler au professionnel. De cette conduite dépend la bonne santé de son entreprise et tout ce qui en découle : les emplois, le train de vie, l'influence... son fils aussi, Louis, qui travaille avec elle et qui a eu le mauvais goût d'épouser une fille un peu trop vulgaire, qui n'est pas issue du même milieu et qui a tendance à ne pas savoir frayer avec ces apparences.

Parce que c'est un art dans lequel Elisabeth excelle, elle qui a dissimulé à son fils la réalité sur son ex-mari. Mais les langues se délient parfois trop vite, sans qu'on s'y attende et lors de l'anniversaire de sa grand-mère, celle-ci, champagne et mauvais caractère aidant, laisse échapper la vérité : Louis apprend que son père a provoqué, alors qu'il était dans un état avancé d'ébriété, un accident tragique dans lequel des enfants ont perdu la vie. Lui qui a toujours cru que son père les avait abandonnés découvre qu'en réalité, il était en prison pour purger sa peine, et surtout, que sa mère ne lui avait rien dit, sans doute pour protéger ces fichue apparences, pense-t-il un brin influencé par sa femme pleine de rancoeur. 

Commence alors, avec le désir de Louis de retrouver son père, une quête de la vérité. Mais toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire. Surtout qu'elles déchainent inévitablement un flot de conséquences.

Intrigues, manipulations, mensonges sont au rendez-vous dans ce roman qui flirte avec les genres. Thriller ? Saga familiale ? Les codes sont bouleversés, les limites sont floues.

J'ai apprécié cette immersion dans cette famille où l'on n'est pas ce que l'on est en réalité. La froideur apparente d'Elisabeth, son charisme, puis ses failles en ont fait un personnage assez fascinant.


Je regrette seulement qu'il n'y ait pas eu plus de suspens dans l'écriture alors que les situations amenaient des révélations percutantes. Il m'a manqué, pour embarquer complètement, cette tension narrative qui vous fait tressaillir et vous noue la gorge, mais sans doute était-ce dû à la difficulté du mélange des genres. J'ai complètement adhéré à l'univers familial vraiment très bien construit, aux relations entre les personnages très bien tissées, mais la fatigue étant omniprésente en ce moment, un électrochoc aurait été le bienvenu. 

Ce roman m'a bercée (et non pas endormie, il y a une vraie différence), alors que j'aurais voulu être secouée...

jeudi 17 novembre 2016

Anna, Niccolò Ammaniti

Sicile, 2020. Un virus mortel, « la Rouge », a déferlé sur l'Europe quatre ans auparavant et décimé la population adulte ; les jeunes, eux, sont protégés jusqu'à l'âge de la puberté. Anna se retrouve seule avec Astor, son petit frère de quatre ans.Elle doit affronter le monde extérieur avec ses cadavres, ses charognards, ses chiens errants et affamés, l'odeur pestilentielle, pour trouver, quand il en reste, des médicaments, des bougies, des piles, des boîtes de conserve, avec comme unique guide dans cette lutte pour la survie, le cahier d'instructions que lui a légué leur mère avant d'être emportée par la maladie. Lorsqu'Astor disparaît, Anna part à sa recherche, prête à défier les bandes d'enfants sauvages qui errent à travers les rues désertes, les centres commerciaux et les bois. Mais l'ordre appartient au passé et les règles d'autrefois ont été oubliées. Pour réussir à sauver Astor, Anna va devoir en inventer de nouvelles, parcourant ce monde à l'abandon où la nature a repris ses droits, ne laissant que les vestiges d'une civilisation qui a couru à sa propre perte.Une véritable odyssée des temps modernes où s'entremêlent lumière et ténèbres, un duel permanent entre la vie et la mort. 

J'aime tout particulièrement les atmosphères post-apo, je suis d'ailleurs une fan inconditionnelle de The Walking Dead (dont le premier épisode de la première saison a d'ailleurs très fortement malmené mon petit cœur). Mais ce qu'on oublie bien souvent, c'est que le post-apo ne concerne pas seulement les Zombies : l'Apocalypse peut revêtir d'autres visages.

Point de zombies ici, du moins de zombies tels qu'on les conçoit habituellement, mais « La Rouge », un virus qui décime la population dès qu'elle atteint l'adolescence, dès que les changements corporels se produisent. Anna, du haut de ces douze ou treize ans, approche à grands pas du moment où La Rouge s'appropriera son corps, mais pour le moment, elle est encore une fillette... Une fillette aux lourdes responsabilités qui doit s'occuper d'Astor, son petit frère, veiller sur lui, le protéger, jusqu'au moment où les « Grands », les adultes, il doit bien en rester quelque part, auront trouvé un vaccin. Ce n'est pas si simple lorsqu'on est soi-même une enfant, juste une enfant qui devrait courir après un ballon, ses couettes se balançant au gré de ses pas, ou jouer avec son vélo.

Mais si Anna court, c'est pour une autre raison, une raison de Grands : la survie.

Tout simplement.

Le risque majeur avec les romans post-apo est qu'ils ne soient pas à la hauteur de nos espérances. J'appréhende toujours le moment où je vais me plonger dans un nouveau récit de ce genre. Les personnages, l'atmosphère, la tension sont autant de composantes indispensables pour un roman efficace, autant de composantes qui peuvent complètement gâcher le moment espéré de lecture.

Mais Anna fait partie des romans qui touchent leur cible, de ces romans qui vous interpellent et dont on oublie même les failles. Certains points sont encore bien ancrés dans ma mémoire : pas de zombies au sens propre du terme, mais des zombies quand même, tout aussi cruels, voire plus étant donné que leur cerveau est bien actif.

J'ai parfois lu ci et là qu'il manquait d'action et je me suis demandée si nous avions lu le même livre. Ce roman en est plein et est d'ailleurs assez dérangeant parfois.

L'action se doit à la tension permanente, tout est un danger pour ces enfants : les chiens (Câlinou est une trouvaille vraiment réussie), le manque de nourriture, les autres enfants, le décor... Tous sont des obstacles dans cette course à la survie, dans cette course pour la vie. Il y a d'ailleurs un juste milieu entre cette tension et les moments plus tendres, ceux entre Anna et Astor, l'irruption de Pietro, Câlinou... L'auteur a su nous réserver des moments émouvants, drôles aussi, dans l'horreur environnante, il a su préserver des fragments d'enfance, un éveil à la vie, des émotions qui palpitent dans la poitrine et font bouillonner le sang dans les veines. 

J'avais oublié que l'enfer peut émouvoir...

Une réussite.


jeudi 10 novembre 2016

La vie selon Juan Salvador, palmipède d'Uruguay, Tom Michell,

Les plus belles histoires sont celles qui transforment votre vie pour toujours.

Tom Michell a vingt ans lorsqu’il quitte son Angleterre natale pour aller enseigner l’anglais en Argentine, des rêves de Che Guevara et de périples en mobylette plein la tête. Lors d’un court séjour en Uruguay, un accident pétrolier cause la mort de milliers de manchots. Sur la plage, alors qu’il contemple ce carnage, Tom remarque que l’un des animaux est toujours vivant. Il vient à son secours, le nettoie et le nourrit, lui sauvant ainsi la vie. Mais quand Tom le ramène à la mer pour le relâcher, le manchot refuse de le quitter. À plusieurs reprises, il ressort de l’eau et va même jusqu’à traverser la route pour rejoindre Tom. Qu’à cela ne tienne, ce dernier décide de l’emmener avec lui en Argentine. Terminée, la bohème cheveux au vent : commence alors une drôle de vie pour les deux nouveaux colocataires, mais l’espiègle manchot, désormais baptisé Juan Salvador, devient la mascotte de tout le campus. Personne ne résiste aux charmes de cet être hors pair qui finit par transformer l'existence de tous ceux qui croisent son chemin.

Parfois, il suffit de peu de choses pour marquer une vie, une décision prise à un moment « T », une rencontre au détour d'une rue, un sauvetage sur une plage...

Tom en fait l'expérience quand sa route croise celle d'un curieux animal, un pingouin englué dans une masse de pétrole et seul survivant d'un banc déjà mort étouffé. Tom aurait pu passer son chemin, faire comme s'il n'avait pas croisé le regard de l'animal, mais ces yeux... ces yeux l'ont fait commettre l'impensable : repartir avec le pingouin sous le bras et tenter de le sauver.

Je ne savais pas comment classer ce roman avant d'entamer sa lecture. Il avait des accents de Kourkov et de son pingouin ou encore de Sepúlveda et de son histoire de Chat et de Mouette. J'avais adoré les deux, j'adore l'Amérique Latine, il ne m'en fallait pas plus pour me lancer dans l'aventure.

Finalement, ce récit ne ressemble ni au pingouin de Kourkov, ni à la mouette de Sepulveda. C'est le récit d'une rencontre, avec pour toile de fond l'histoire mouvementée de l'Argentine dans les années 60-70. J'ai évidemment eu beaucoup de sympathie pour Juan Salvador, une certaine tendresse même, et la recherche, les explications de l'auteur sur les pingouins donnent un vrai réalisme à cette histoire. Au fil des pages, Juan Salvador devient un pilier du College où enseigne Tom : oreille attentive, être reposant, il amène les uns et les autres à communiquer et à se révéler. Se crée autour de lui une véritable communauté empreinte de solidarité dans le chaos de l'Argentine, une bulle de paix dans le tumulte de l'histoire. L'auteur par les pérégrinations du héros nous dresse un portrait de l'Argentine à l'époque : l'inflation, les pénuries, la langue et les langues parlées, la rudesse de l'environnement, sa beauté aussi, la photographie est fidèle. Je regrette juste que ces instantanés n'aient pas toujours été mis en relation direct avec le pingouin, que celui-ci ait été un peu trop absent du récit par moment, qu'il n'ait pas été un acteur dans cette Histoire en évolution, mais là est la frontière fiction et réalité, et c'est sans doute mieux ainsi.


mercredi 2 novembre 2016

Les vies de papier, Rabih Alameddine

Aaliya Saleh, 72 ans, les cheveux bleus, est inclassable. Mariée à 16 ans à « un insecte impuissant », elle a été répudiée au bout de quatre ans. Pas de mari, pas d'enfant, pas de religion... Non conventionnelle et un brin obsessionnelle, elle a toujours lutté à sa manière contre le carcan imposé par la société libanaise. Une seule passion l'anime: la littérature. Elle a en effet pour les mots un désir inextinguible. À tel point que, chaque année, le 1er janvier, elle commence à traduire en arabe l'un de ses romans préférés. Un travail ambitieux qui finit toujours par échouer dans un tiroir. Car les quelque trente-sept livres traduits par Aaliya au cours de sa vie n'ont jamais été lus par qui que ce soit.
Ce portrait d'une femme solitaire en pleine crise existentielle oscille sans cesse entre passé et présent dans un Beyrouth en constante mutation. Tandis qu'elle essaye de maîtriser son corps vieillissant et la spontanéité de ses émotions, Aaliya doit faire face à une catastrophe inimaginable qui menace de faire voler sa vie en éclats. Son ton mordant ne nous laisse pas indemne.

Pour commencer chaque nouvelle année, Aaliya a un rituel : choisir un ouvrage, parmi ses préférés bien sûr, et se lancer dans sa traduction. Nul désir d'être publiée ensuite, une fois le dernier point mis, le manuscrit ira rejoindre tous les autres enfermés dans les cartons qu'Aaliya garde précieusement dans son appartement, ces cartons pleins de vies de papier qui sont autant de compagnons pour cette femme vieillissante de 72 ans.

J'ai rarement été autant touchée par un personnage. Aaliya est une femme moderne qui a grandi dans un pays archaïsant. Mariée très tôt, comme bon nombre de femmes au Liban, elle a connu ce qui pour elle, fut la chance de sa vie : son mari l'a répudiée. A commencé pour elle, bien au-delà des regards qu'on lui portait, une vie indépendante, une vie de femme maîtresse de ses actes : un appartement, un travail de libraire, une liberté... La liberté de décider de ses choix, la liberté de vivre la vie qu'elle veut.

A travers les mots, les pensées, les digressions d'Aaliya, qui s'égare beaucoup comme elle-même n'hésite pas à le reconnaître, l'auteur peint une Beyrouth profondément marquée par la guerre et qui a du mal à panser ses blessures. Il dessine le portrait de femmes (l'immeuble d'Aaliya en est plein) qui ont réussi à vivre sans les hommes, à tisser des liens, une solidarité peu évidente dans ce contexte déchiré et déchirant.

Les mots de Rabih Alameddine sont souvent justes, beaucoup de thèmes sont abordés- la destruction, la reconstruction, la cohabitation, l'autre, la religion, les traditions, les hommes, les femmes, la famille les livres, le travail, la modernité...- et le regard porté par l'expérience de vie d'Aaliya les rend lourds de sens. J'ai été fascinée par ce petit bout de femme qui se retrouve avec des cheveux bleutés suite à une erreur de shampoing, par cette survivante qui fera ce qu'elle pourra pour survivre et garder son indépendance, qui aimera les livres autant qu'elle aimera la vie, par cette lectrice solitaire qui me bouleversera...

Sans aucun doute l'une de mes lectures les plus marquantes de l'année.


Pour la chronique du Chat du Cheshire, c'est ici

jeudi 20 octobre 2016

Sweet, Emmy Laybourne

Madame, Monsieur,
J’ai l’honneur de vous inviter à une extraordinaire croisière de luxe à bord de l’Extravagance !
Au programme : découverte en avant-première d’un produit miracle qui vous débarrassera de vos bourrelets disgracieux. Et sans efforts !
Vous rêvez de retrouver votre taille de guêpe ? Le Solu est fait pour vous.
Le Solu n’est pas un amincissant comme les autres.
Le Solu vous fera vraiment maigrir.
Vous ne pourrez plus vous passer de lui.
Je vous le garantis.
N’attendez plus : rejoignez-nous sur les rives de Fort Lauderdale, en Floride, pour un embarquement imminent !
Au plaisir de vous aider à mincir,
Timothy Almstead, président de Solu Corporation

Nous vivons dans une société où les dictats de l'apparence sont légion. La course a la minceur est une constante, les rondeurs, les vraies, ont remplacé les sorcières dans une chasse éhontée. Le discours politiquement correct est qu'il faut s'accepter tel qu'on est, mais la représentation dans les médias continue à le contredire. 

L'idée de l'auteure est assez originale dans ce roman jeunesse : pour le lancement de son produit miracle, le Solu, la marque organise une croisière pendant laquelle, les participants, triés sur le volet, vont avoir l'insigne honneur de tester ce qui mettra définitivement les kilos KO.

Lauren et sa meilleure amie, Vivika, font partie des chanceuses. Lauren vit pourtant bien avec ses kilos, elle s'aime telle qu'elle est, mais ce n'est pas le cas de Vivika qui voit dans ce voyage l'occasion d'être enfin celle qu'elle a toujours rêvé d'être. Est également sur le bateau Tom, jeune star d'une série tv désormais révolue qui cherche à (re)lancer sa carrière.

L'auteure prend son temps pour bien planter le décor et j'ai apprécié ce début un peu lent ainsi que le regard que Lauren et Tom posent sur ce qui les entoure. L'on perçoit l'enthousiasme qui bat, puis l'effervescence lors des premiers kilos perdus. Le Solu est un produit miraculeux, ses effets sont là ! Etre qui on veut est enfin à portée de main, c'est ce que ressent Vivika en contemplant la robe en 38 qu'elle avait apportée sans oser espérer pouvoir l'enfiler.

Mais chaque médaille a son revers et il y a toujours un tribut à payer. Lauren et Tom vont le découvrir très vite, et l'alternance de leurs points de vue nous permet de plonger complètement dans l'ambiance malsaine de cette croisière.


Une fois que le décor est planté, tout s'accélère et le récit se met à flirter avec les genres, évitant l'écueil d'une romance adolescente trop guimauve. Thriller, roman d'aventure, post-apo, la frontière est mince mais l'ensemble fonctionne vraiment bien. Je l'ai lu en une soirée, ayant envie de savoir jusqu'où l'auteure allait oser aller. Le constat est simple : elle va loin, mais ce n'est pas plus mal. La morale est facile, la critique contre les normes de la société, les addictions et le pouvoir des médias évidente, mais c'est un postulat assumé. J'ai vraiment beaucoup aimé. Mon seul doute concernerait le public visé : certaines scènes sont quand même assez... euh... sanglantes, même mon petit cœur avait parfois du mal à réprimer les sursauts de dégoût.

mardi 18 octobre 2016

La vie plus un chat, Chantal Detcherry

Vous ne l'avez pas entendu arriver, vous étiez tranquillement installé dans votre existence sans chat, vous viviez plus ou moins agréablement. Et puis un jour il est là, surgi de nulle part, brusquement incarné, ayant pris forme dans cet instant. Ce n'est pas une aumône qu'il espère de vous, non, c'est bien plus. Il désire un engagement total de votre part, il vous demande si vous voulez bien partager votre vie avec lui, rien de moins. Quand un chat couleur de nuage apparaît un jour dans le jardin d'une maison de ville, il s'ensuit un coup de foudre entre la maîtresse des lieux et lui, puis une vie faite de menus événements qui constituent comme la biographie d'un chat. La narratrice s'y enchante de la beauté, de la grâce toujours renouvelées que son compagnon inattendu introduit dans le cours de sa vie". Tout en vous appartenant maintenant, il reste un peu dehors, et cela fait toujours : la vie plus un chat. Ce qui donne, je vous assure, une somme énorme".

La vie est parfois étrange, on s'arrête sur un livre à cause du titre, un livre sur lequel on ne se serait jamais arrêtée normalement parce que, même si on a six félins à la maison, ce n'est pas pour autant qu'on est férue de ce type de littérature, et ce livre sur lequel on s'est arrêtée un peu comme ça, au hasard, nous prend aux tripes jusqu'à la dernière ligne.

Le chat est un animal complexe, qui vous sonde l'âme d'un seul regard. Ce n'est pas vous qui le choisissez, c'est lui qui vous choisit. Il est le maître de votre royaume, celui qui vous apprend la vie. Derrière des abords taciturnes voire méprisants, il est un ami loyal, qui vous oblige à vous remettre en question, ne subit en rien vos humeurs mais est là quand vous vous effondrez.

Mon titre à moi serait « Ma vie plus six chats », mais ce serait la seule différence. Les mots de Chantal Detcherry aurait pu être les miens, jusqu'à ceux qui dépeignent cette fichue maladie.

Petit-Gris a indéniablement marqué la famille de Chantal, d'un regard il les a conquis, et d'un regard il est devenu un des leurs. Ode au Chat, ode à Petit-Gris, ce récit parlera à tous les amoureux des félins qui feront leurs les mots de l'auteure. La plume est est travaillée, pleines de sonorités poétiques, elle est porteuse d'amour. J'ai beaucoup aimé la lire, j'ai adoré plonger dans cette relation pleine avec Petit-Gris. Un peu, beaucoup d'amour ne fait jamais de mal.

Mais malheureusement, la compagne de l'amour s'appelle souvent  tristesse. Les dernières pages m'ont arraché quelques larmes et je les ai refermées à la hâte. L'issue est connue, elle est inévitable, mais j'ai envie de pratiquer la politique de l'autruche pendant quelques temps encore, parce que je veux croire que mes six amours vont être à mes côtés pendant de longues années pendant lesquelles je protesterai parce qu'ils m'empêchent de travailler, parce que leurs caresses peuvent m'exploser le nez, ou parce qu'ils veulent toujours manger avant moi.

Oui, la vie est étrange. J'aurais eu tort de ne pas m'arrêter sur ce titre, parce que j'ai six Petits-Gris à la maison, et j'en avais même un septième, un Negrito (Petit- Noir était écrit sur son carnet de santé, les propriétaires de chats sont-ils tous si peu originaux?) dont l'ombre continue de m'accompagner alors qu'il n'est plus là. C'est là toute la magie féline...



vendredi 30 septembre 2016

Aux petits mots les grands remèdes, Michael Uras

Alex, notre héros passionné par les livres, a choisi d’exercer le métier peu commun de bibliothérapeute. Sa mission : soigner les maux de ses patients en leur prescrivant des lectures. Yann, l’adolescent fragile qui s’est fermé au monde ; le cynique Robert, étouffé par son travail et qui ne sait plus comment parler à sa femme ; Anthony, la star de football refusant de s’avouer certaines de ses passions... Tous consultent Alex. Mais qui donnera des conseils au bibliothérapeute lui-même?
La clé du bonheur se trouve-t-elle vraiment entre les lignes de ses livres chéris ?

J'aime offrir des livres, ils sont pour moi un excellent moyen pour exprimer ce que ma timidité, ma pudeur, ma maladresse m'empêchent souvent de dire avec des mots. Il y a toujours un ouvrage qui correspond à une situation, un ouvrage qui parlera, j'espère, à celui qui le reçoit et lui apportera ce dont il a besoin à un moment donné. J'appartiens à cette catégorie de gens un peu loufoques qui pensent que les livres ont une voix, qu'ils parlent. Je suis sensible à leurs mots, à leur message. Alors la bibliothérapie ? Pourquoi pas...

Alex est né au milieu des livres, il vit parmi eux, avec eux. Même son prénom n'est pas le fruit du hasard, Alexandre Dumas, ça vous dit quelque chose ? Merci maman... Merci cette femme froide et peu maternelle qui a fait des livres son quotidien, en oubliant une chose essentielle : la vie.

Malgré ce qu'il a vécu avec sa mère, Alex est convaincu qu'ils  n'excluent pas de la vie, qu'ils peuvent guider le lecteur quand les doutes, les interrogations jalonnent ses pas. Ils ont un rôle à jouer, peuvent être une sorte de phare dans la nuit. Le métier de bibliothérapeute s'est donc tout naturellement imposé à lui.

Le récit s'attarde sur sa relation avec ses clients, de leur rencontre à leurs lectures qui sont autant de pistes qui sauront dialoguer avec eux. Yann, l'ado brisé qu'un accident de voiture a privé de sa voix et qui vit reclus, surprotégé par sa mère, Anthony, la célébrité qui fixe les entretiens, Chapman qui a oublié comment vivre, pris dans la frénésie de son travail, tous sont autant de portraits différents qui croisent sa route. Et enfin, il y a, lui, Alex, qui vient d'être abandonné par Mélanie, la femme de sa vie. On découvre ses interrogations, ses doutes, ses difficultés, ses peurs et failles aussi. Parce qu'on ne peut se cacher éternellement derrière les livres, il faut parfois accepter de sauter à pieds joints dans la vie, même si l'atterrissage est incertain.

Le récit est ponctué d'allusions à des ouvrages intemporels qui apportent des réponses au détour d'une question, des fragments de textes s'y insèrent discrètement, comme une évidence. Les mots écrits par d'autres envahissent le récit d'Alex, et ce qui était valable pour le client le devient aussi pour lui, pour nous peut-être. Le rythme est lent, trop lent parfois, mais j'ai vraiment passé un agréable moment de lecture. Les personnages sont assez surprenants dans leur construction qui se fait par petites touches et j'ai redécouvert certains classiques, ayant même très envie de sortir l'Attrape-coeurs de ma PAL. Un bémol toutefois, pourquoi ne plonger que dans les classiques ? La littérature est riche de tous les livres, et je crois que le bien-être peut venir parfois de genres plus décriés pour ne pas dire méprisés. Dommage qu'ils aient ainsi été oubliés...


vendredi 16 septembre 2016

Felix Funicello et le miracle des nichons, Wally Lamb

1964, dans la petite ville de Three Rivers, Connecticut. Felix, 10 ans, fréquente l'école catholique St Aloysius, où sévissent entre autres la très psychorigide sœur Dymphna et Rosalie Twerskie, première de classe et du poil aux pattes : le genre de pimbêche à lever le doigt avant la sonnerie pour s'assurer qu'il n'y a pas de devoirs, juste au cas où. Le soir, après la classe, Felix retrouve le diner famililal et tente tant bien que mal de faire ses devoirs, tout en admirant, crayon à la bouche, le poster de la star de cinéma Annette Funicello, qui, pour la plus grande fierté de ses parents, est une cousine éloignée... Mais un jour, tout dérape. À cause d'une sombre histoire de paille, de boulettes de papier et de chauve- souris, sœur Dymphna finit délirante sous un bureau et se voit envoyée en maison de repos. Débarque alors l'incroyable Madame Marguerite, québécoise, pull-over rouge moulant, talons hauts et jupes fendues : le genre exotique pour les environs. Et comme les bonnes nouvelles n'arrivent pas seules, elle est suivie de près par Zenhya, jeune fille russe au caractère bien trempé, un franc-parler saisissant, déjà du monde au balcon, et une éducation sexuelle très avancée. Et Felix Funicello grandit, et Felix Funicello s'émerveille. Entre la découverte des baisers à la française, les premiers frissons de l'école buissonnière, la jouissive descente aux enfers de Rosalie Twerskie et le si énigmatique parfum « Cognac » de la prof, le CM2 du jeune garçon sera grandiose, et la fête de fin d'année inoubliable. Qui sait, peut-être pourra-t-il voir Annette autrement qu'en poster ? Et l'embrasser pour de vrai ?

A dix ans, j'avais des couettes ou des tresses suivant l'humeur du jour de ma mère et je la suppliais de me laisser aller en vélo à l'école, pour faire comme les grands. 

A dix ans, mon meilleur copain s'appelait Séverin, et il avait les clés de sa maison autour de son cou -le chanceux! je pensais à l'époque- parce que ses parents travaillaient beaucoup, et il venait parfois en pantoufles en classe parce qu'il oubliait de mettre ses chaussures.

A dix ans, j'étais terrorisée par les mauvaises notes et ne savais pas sauter à la corde, manque de coordination, une corde à sauter dans les mains et je manquais de décapiter tout le monde (d'ailleurs, je ne suis pas plus habile maintenant... ).

A dix ans, j'en faisais de choses, je vivais dans un univers peuplés de rêves et d'aventures en tout genre (ça n'a pas changé non plus) et j'essayais de comprendre le monde qui m'entourait.

Un peu comme Felix.

Felix est le plus petit de sa classe et le deuxième juste derrière Rosalie Twerski, la fayotte de service, vous savez, celle qui a toujours la main levée et n'hésite pas à dénoncer ces camarades. Lonny est son meilleur copain. Il est plus grand que lui, mais c'est normal, il a deux ans de plus, et lui, contrairement à Felix, il s'installe au fond de la classe, ou plutôt on l'installe au fond de la classe. Parce que Soeur Dymphna n'est pas facile. En plus d'être sévère, elle a une légère tendance à la dépression et au passage de films en classe quand le rideau noir s'abat sur elle. Et par un fâcheux concours de circonstances (auquel Félix est bien évidemment étranger, il est beaucoup trop sage avec ses boucles brunes et son air de premier, euh.. second de la classe, non, ça n'a rien à voir avec ses tirs qui ont malencontreusement raté leur cible pour atteindre un obstacle non identifié et imprévu), Soeur Dymphna se voit obligée d'abandonner l'école et est remplacée par Melle Marguerite, la nouvelle instit', une laïque dans une institution privée, qui arrive avec ses manières libres et son français québecois.

L'année scolaire qui s'annonçait insipide devient franchement plus... originale.

Wally Lamb nous livre dans un portrait tendre et teinté d'humour de l'enfance qui découvre la vie. Felix est grand maintenant, il a dix ans, il comprend tout, ou presque. Et ce qu'il ne comprend pas, il doit le comprendre pour ne pas être ridicule, l'adolescence est sur le pas de la porte. Son copain Lonny sait plein de choses, il fait des blagues qui font rire tout le monde, un peu comme Chino, le serveur du restaurant de la famille, mais Felix ne peut surtout pas avouer qu'il ne comprend pas toujours leurs blagues. Il se pose des questions, la sexualité commence à l'interpeler et il a essayé de demander des explications à son père, mais celui-ci évite la question et trouve des excuses. Il se défile.

Felix porte un regard naïf sur l'Amérique des années 60, sur la modernité qui envahit le monde, les concours de cuisine et les spectacles à l'école, sur la famille, sur les amis (Zhenya et sa langue qui fourche est un personnage déluré très rafraîchissant dans ce contexte de Guerre Froide et de la peur de l'autre) et sur tout ce qui semble important quand on a dix ans.

C'est un roman que j'ai apprécié mais qui m'a un peu laissée sur ma faim. Il aurait pu me marquer, mais malheureusement, je n'en garderai pas un souvenir impérissable. Sans savoir pourquoi, j'avais en tête Netirez pas sur l'oiseau moqueur en attaquant le récit (qui n'ont de point commun que le récit de l'enfance), et peut-être que cela a conditionné ma façon d'aborder la trame. La première partie a manqué de rythme à mon goût, mais a malgré tout été compensée par la fin qui m'a fait franchement sourire, comme un diesel qui met du temps à démarrer.

Par contre je m'interroge, pourquoi ce titre dans la version française ? On est bien loin du Wishin' and Hopin' original...

jeudi 15 septembre 2016

Les mots entre mes mains, Guinevere Glasfurd

Helena Jans van der Strom n’est pas une servante comme les autres. Quand elle arrive à Amsterdam pour travailler chez un libraire anglais, la jeune femme, fascinée par les mots, a appris seule à lire et à écrire. Son indépendance et sa soif de savoir trouveront des échos dans le coeur et l’esprit du philosophe - René Descartes. Mais dans ce XVIIe siècle d’ombres et de lumières, leur liaison pourrait les perdre. Descartes est catholique, Helena protestante. Il est philosophe, elle est servante. Quel peut être leur avenir ?
En dévoilant cette relation amoureuse avérée et méconnue, Guinevere Glasfurd dresse le portrait fascinant d’une femme lumineuse, en avance sur son temps, et révèle une autre facette du célèbre philosophe français.

On connait beaucoup de choses sur René Descartes, son Discours de La Méthode en a fait l'un des fondateurs de la philosophie moderne, mais finalement, on ignore presque que tout de sa vie personnelle, amoureuse.
"Les mots entre mes mains" a l'ambition de combler ce vide, d'utiliser la force de l'imagination pour reconstituer, à partir de bribes d'archives, des pans de vie du philosophe.

Le résultat est solide et cohérent. Le résultat est convaincant, je suis bluffée.

Helena a bel et bien existé.
Elle savait bel et bien écrire.
Et elle a bel et bien eu une fille avec Descartes.

Voilà trois des lignes directrices de ce roman, voilà les trois lignes directrices d'une femme bien différente de celles de sa condition à l'époque. Tout opposait Descartes et Helena : leur situation, leur religion, son travail à lui, son travail à elle. Tout les opposait, mais pourtant... un enfant est né de leur union, une petite fille que Descartes a reconnue.

L'auteure construit avec la rigueur d'un chirurgien ce qui a pu se produire entre eux. L'amour, la passion, les difficultés et autres obstacles, l'obsession, la tendresse... J'ai énormément aimé les risques que Guinevere Glasfurd a décidé de courir, l'Histoire est passée au service du roman et elle nous dresse un portrait passionnant et fidèle de l'époque. L'écriture sied parfaitement à la trame, elle ne tombe pas dans une langue qui aurait pu sembler archaïsante, mais offre un langage suffisamment travaillé pour nous emmener dans un voyage dans le temps. Entre ces lignes, entre ces mots, nous sommes là, avec Descartes et ses explorations pour sa Méthode, avec Helena et ses questionnements, avec Descartes et Helena unis par leur amour. Entre ces lignes, j'ai vibré, ressenti de la fureur face à l'injustice, et j'ai été attendrie...

L'ouvrage refermé, j'ai senti la curiosité de me plonger dans la vie de Descartes pour démêler le vrai de l'imagination, et la frontière est mince, très mince.

Un livre à découvrir et à savourer...

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