mercredi 22 février 2017

Les amants du presbytère, Marie-Bernadette Dupuy

Nommé curé d’un petit bourg rural, le jeune et séduisant Roland Charvaz n’a pas la vocation. Le beau sexe le préoccupe davantage que le salut de ses ouailles. Pour sa part, Mathilde, la jolie épouse du docteur local, n’a jamais connu la passion amoureuse avant l’arrivée de l’ecclésiastique. Dès leur première rencontre, c’est le coup de foudre et les deux amants se lancent dans une brûlante liaison.
Ils se croient à l’abri de tout soupçon. Ils ont tort. Ils seront bientôt victimes de la plus horrible des machinations…

Mathilde a tout pour être heureuse, la beauté, un mari qui l'aime et dont les revenus lui assurent un confort que beaucoup lui envient, un enfant plein de vitalité... Mais de la même façon que les secondes passent pour devenir des minutes, puis des heures, elle sent sa jeunesse s'étioler. Elle devrait se contenter de ce qu'elle a, peu de femmes peuvent s'en vanter, elle devrait apprendre à aimer les étreintes fugaces de son mari, mais en elle brûle l'étincelle d'une passion qui la condamne à un sentiment d'insatisfaction qui pèse lourd sur ses épaules.

Jusqu'à ce qu'arrive le nouvel ecclésiastique...

Point de scandale avec lui, lui a fait promettre son mari qui n'appréciait pas l'ancien. Les commérages allaient bon train à cause de ses attitudes et de ses regards envers la gent féminine. Il le lui fait promettre, elle gardera ses distances. Bien sûr, le rassure-t-elle, après tout, il n'a pas de raisons de s'inquiéter, elle n'a jamais rien fait, elle ne faisait que converser avec l'ancien. De toute façon n'était pas à son goût, songe-t-elle en son for intérieur.

Mais et si...

Et si d'un regard les deux sentaient naître une passion brûlante qui enfin donnerait un sens à leur vie si morne.

Les amants du Presbytère est un roman qui se lit vite, à la plume simple, épurée mais efficace, qui nous plonge, non pas dans une histoire d'amour mais dans la réalité du 19e siècle. Mariage arrangé, sans amour, homme qui se lance dans la profession religieuse sans avoir de convictions profondes, commérages, jalousies, envie, méchanceté... C'est un portrait cru, presque brut, dénué de fioritures que nous livre l'auteure, celui d'une société où les apparences priment, où la bienséance et l'éducation sont de mise, dissimulant aux yeux de tous qui on est vraiment.


Cela faisait très longtemps que je n'avais pas lu de roman de terroir, et j'ai retrouvé avec beaucoup de plaisir cette immersion dans une société en mouvement qui nous est dépeinte avec une justesse acérée. Les conséquences des actes, l'enquête, le jugement, les masques qui tombent... autant d'éléments qui ont contrebalancé le sentiment que parfois, le récit aurait gagné à être approfondi. C'est d'ailleurs un sentiment paradoxal, parce que si l'auteure s'était attardée davantage sur certains moments de l'intrigue, cette dernière aurait sans doute perdu de cette véracité qui a fait que je l'ai réellement appréciée. 

20 commentaires:

  1. Je n'ai jamais lu cette romancière mais je croise ses livres de plus en plus régulièrement, elle semble très appréciée.

    RépondreSupprimer
  2. Alors comme ça, tu rôdes dans les presbytères aussi 0_0 Moi qui croyais que depuis ton adoption forcée d'une certaine gargouille goulue de Nutella, tu te méfiais davantage ^_^
    Imprudente te resteras !!!
    Merci pour la découverte :)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ah mais je me méfie! On ne sait jamais... lol

      Supprimer
  3. A voir, peut-être le jour où j'aurais un peu moins de livres dans ma PAL ;)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ah la la, les problèmes de PAL grossissante... Ca ne va pas m'arriver à moi qui suis si raisonnable.

      (Je vérifie si mon nez ne s'est pas allongé. Non, tout va bien!)

      Supprimer
  4. Cette simplicité me donne envie .... merci

    RépondreSupprimer
  5. C'est un roman qui m'intrigue pour son fond! Mais je n'ai jamais lu de la littéraire du terroir et j'ai un peu peur de ne pas accroché. Viles préjugés à détrôné. Ta lecture a l'air de t'avoir plu pourtant tu n'as pas l'air d'en ressortir complètement emballée. A voir du coup.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tu as raison, ce n'est pas une lecture qui m'a embarquée, mais je l'ai appréciée malgré tout.

      Supprimer
  6. j'aime beaucoup la littérature du terroir et j'ai quelques ouvrages de Dupuy :) celui-ci me tente beaucoup, d'ailleurs il y a un léger air des oiseaux se cachent pour mourir j'ai l'impression (mis à part que le prêtre dans le roman que tu chronique n'a pas la foi ;))

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. En fait, il est assez éloigné des Oiseaux se cachent pour mourir, qui avaient une vraie fibre romantique. Ici, on est plus dans le portrait d'une société.

      Supprimer
    2. Ok je vois, ça à l'air très intéressant néanmoins! :)

      Supprimer
    3. Oui, il l'est. Mais il ne faut y pas chercher une romance au risque d'être déçue.

      Supprimer
  7. Ils font du bien ces romans qui se lisent vite! Un portrait de société comme je les aime, brut et authentique.
    J'ai mis du temps à revenir ici, mais c'était pour une bonne cause, je me faisais dorer dans la nature du Costa Rica. Un bonheur! :-*
    Bisous et bonne semaine Céline

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ohhh, le Costa Rica! Un bonheur! Je suis jalouse, jalouse, jalouse!

      Supprimer
  8. Un roman qui a l'air intéressant! Le résumé donne envie d'en savoir plus sur ce qu'il va se passer!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Il est assez différent de ce que je pensais lire à vrai dire. Une lecture agréable.

      Supprimer